La "créolade" du jour

Nouvel extrait du rapport de la thèse de Confiant, rédigé par le professeur Chaudenson : 

 

"R. Confiant ignore les réalités les plus basiques de l’histoire de son pays. Il ne sait pas ce que ce sont les Compagnies et, à la période des Compagnies, il parle, pour la période qui va de “ 1625 à 1680 ”, des “ fonctionnaires royaux ” alors que le rattachement des Antilles au domaine royal n’a lieu qu’en 1674. Mieux encore, il ne sait pas même pas ce qu’est un “ habitant ” (il définit les “ habitants ” comme “ ceux qui s’implanteront durablement ” page 149) ; il ne sait pas davantage ce qu’est un “ engagé ” et page 256 il parle des “ engagés européens [et de] leurs esclaves africains”! Comment peut-on prétendre enseigner la langue et culture régionales à l’Université des Antilles en manifestant de telles ignorances de l’histoire des Antilles. Il faut bien expliquer un peu les choses pour ceux qui n’ont pas à rougir de ne pas les connaître. Les “ engagés ” ou “ trente six mois ” (car ils s’engageaient pour trois ans) étaient de pauvres hères français à l’aide desquels on a essayé, au début de ces colonies, de les mettre en valeur. Payés en nature (en “ pétun ”) au terme de leur contrat, ils étaient dans des conditions si misérables qu’on en trouva de moins en moins, ce qui amena à mettre en place le système esclavagiste. Les “ engagés européens ”, dont la condition était pire que celle des esclaves qui leur succédèrent, étaient donc bien éloignés de posséder eux-mêmes des esclaves. R. Confiant, maintenant qu’il est docteur et maître de conférences, devrait prendre le temps de lire la belle thèse de J. Petitjean -Roget sur la société d’habitation à la Martinique (1980) qui figure dans la bibliographie de cette thèse, mais que R. Confiant, de toute évidence, n’a jamais ouverte.

 

Les termes les plus courants de l’histoire des Isles sont ignorés de R. Confiant et il en tire parfois des commentaires absurdes qui vont dans le sens de son idéologie au mépris des données les plus courantes de l’histoire. Un exemple page 289 : “ dans les ateliers de Saint-Domingue où l’on travaillait déjà à la chaîne ”. Il ignore de toute évidence ce qu’est un “ atelier ” dans la société coloniale ; il le montre de façon éclatante en introduisant une comparaison avec “ les manufactures françaises et les filatures anglaises ” (page 289).  

On reste confondu devant des ignorances aussi crasses.

 

Une ou deux perles encore pour finir sur le sujet. Page 61, il fait un couplet sur la société de plantation qui confirme naturellement qu’il n’a pas lu J. Petitjean-Roget ; pour faire le savant, comme toujours, il aligne quelques noms  : “ De Gilberto Freyre (1933) [n’est ce pas plutôt 1943 ; la bibliographie donne la même date, mais de tout évidence à tort puisque la référence concerne la traduction] et Roger Bastide (1967) à Edouard Glissant (1981) en passant par Petitjean Roget (1980) et F. Affergan (1991) [petit mystère chronologique comment va-t-on de 1933 à 1981 en passant par 1991?], nombreux sont ceux qui érigèrent la plantation en matrice de la société antillaise et guyanaise ” (page 61). Comment peut-on sur un tel sujet omettre les noms de S. Mintz et R. Price (sauf bien sûr si on ne les connaît pas!). Autre ineptie, plus actuelle, mais qui souligne une totale ignorance des sociétés en cause : “ Les pasteurs protestants [sic] [...] ignoraient le français (langue depuis toujours de la religion catholique en Haïti, leur principale concurrente sur place à côté du Vaudou) ” (page 295). Comme si, en Haïti, on ne pouvait être catholique et adepte du vaudou ! 

La cerise sur le gâteau se trouve page 67 où le grand érudit liseur qu’est R. Confiant fait allusion à la “ fameuse “ Leçon d’écriture ” dans Tropiques (1955) de Claude Levi-Strauss ”. Tristes tout de même!+

 

Le linguiste ne vaut pas mieux que l’ethnographe, en dépit de ses prétentions. Je m’en doutais un peu après avoir lu ses propos sur les créoles (langues ou dialectes). Là encore je devrais me contenter de quelques exemples. On ne sait par quoi commencer ; le choix est large car la plupart des affirmations de R. Confiant dans ce domaine sont inexactes, fausses ou absurdes."

 

Il y a dix pages comme ça !!!! Qui c'est ce charlot qu'on nous a mis comme doyen ???? 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    yasmine (mercredi, 13 avril 2016 05:16)

    Et dire que cette face de pustules est un monsieur: toutiste. où sont les projets scIentifiques et européens qu'il a déjà réalisés ???