L'égalité des sexes (ou presque) au Royaume du Dahomey

"Le royaume de Dahomey (17ème-19ème siècle, actuelle République du Bénin) bien connu pour son armée de femmes guerrières, l’est beaucoup moins pour le rôle prépondérant occupé par les femmes dans le reste de sa société. Et pourtant, ce qui est encore un combat pour nos sociétés modernes y avait déjà cours il y a quatre siècles.

 

On connaît les Amazones du royaume fon de Dahomey, cette armée professionnelle de femmes réputée comme plus féroce que sa contrepartie masculine.

 

On sait moins que cette parité s’étendait au reste de l’appareil gouvernemental. Si le roi devait toujours être un homme et qu’il le fut à une courte exception près, son pouvoir était contrebalancé à travers celui d’une reine-mère, la Kpojito (littéralement, celle qui enfante la panthère, totem du roi de Dahomey). Bien qu’elle soit symboliquement la ‘mère du roi’, elle ne l’est pas biologiquement et était donc choisie, parmi les nombreuses épouses du roi précédent, par le roi pour ses qualités. Riche propriétaire terrienne disposant d’une cour séparée dans la cité royale et de nombreuses personnes à son service, elle représente la voix du peuple dont elle est issue et peut plaider pour eux auprès du roi. A leur mort, les possessions des Kpojito et leur nom de règne étaient héritées par une membre de leur famille. Chaque nouveau roi choisissait toutefois une nouvelle Kpojito. Les Kpojito ont joué un rôle considérable dans l’histoire du Dahomey, l’une d’entre elles comme Hwanjile, Kpojito du roi Tegbesu (1740-1774) jouant le rôle de chef et de réformatrice de la religion nationale. Hwanjile aurait été choisie parce qu’elle aurait été puissante, experte en magie ainsi qu’une excellente psychologue. De nombreuses Kpojito auraient, par le biais de conflits armés, tenté d’imposer leurs candidats au trône."

 

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